Résumé traduit Translated abstract
|
En considérant le paradigme de la complexité le paysage est défini selon les points de vue du "domaine", du "système" et de "l`unité". Ces trois approches epistémiologiques différentes permettent d`unifier les concepts européens et américains de la vision traditionnelle de l`écologie du paysage. Lorsque nous considérons le paysage sous l`angle du "domaine", ce qui correspond à une vision d`ensemble (Gestalt), le paysage est considéré comme le conténiteur principal des processus physiques, biologiques et humains. Lorsque nous considérons le paysage sous l`angle du "système", ce sont les interactions émergentes entre ses composants qui sont mis en évidence. Finalement, lorsque le paysage est considéré comme une "unité" c`est la caractéristique de mosaïque qui ressort, avec ses attributs tels que la forme, la taille et les structures internes des composantes. L`ontogénèse du paysage est le résultat d`au moins trois types de perturbations: les "nouveautés", les "opportunités" et les "évènements". Les nouveautés arrivent rarement et utilisent de l`énergie en provenance de l`extérieur du système. Les opportunités arrivent fréquemment, utilisent de l`énergie interne au système et contribuent à former localement les agrégations des espèces. Les évènements apparaissent à une fréquence intermédiaire, lorsque l`énergie et l`information d`une entité locale passent à une entité voisine. Les activités humaines interfèrent avec l`ontogénèse du paysage en agissant sur la fréquence d`apparition de ces trois types de perturbations. En suivant la théorie de l`information le paysage peut être considéré comme une entité cognitive, qui est le résultat d`opérations de décompression de l`information à partir d`une matrice spécifique selon les espèces. En fonction de l`opération effectuée la décompression peut aboutir à un paysage neutre et non décodé ("Neutrality-based landscape"), à un paysage subjectif ("Individual-based Landscape"), ou bien à un paysage observationnel ("Observer-based Landscape"). Le paysage neutre représente la portion du paysage cognitif qu`une espèce reconnaît sans lui attribuer une signification particulière. Le paysage subjectif correspond à la portion du paysage qui est identifiée par les senseurs biologiques. Le paysage observationnel est la portion de la matrice cognitive qui dépend de l`apprentissage et des processus culturels. La plupart des paysages cognitifs humains sont perçus par le biais de mécanismes observationnels.
L`écologie du paysage a la capacité d`explorer dans le détail le paradigme de l`habitat par l`approche de l`eco-field. Le concept d`eco-field, fondé sur la théorie de la signification de von Uexkull, apporte une signification à la configuration de l`espace. Chaque organisme a besoin de configurations spatiales qui lui sont spécifiques pour effectuer toute activité vitale. Un espace de phase, notamment défini par le champ d`existence des besoins environnementaux propres à chaque espèce, est créé en traçant les eco-field dénombrés et leurs séquences temporelles respectives. De nouvelles visions epistémiologiques de l`écologie du paysage, telles que l`hypothèse de l`eco-field, permettent d`améliorer les applications de cette discipline, voire de cette science, au monde dominé par l`homme.
|