Résumé original Original abstract
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L'abaissement récent des normes européennes sur les limites de teneur en mycotoxines fusariennes admises pour les céréales alimentaires est primordial pour l'approvisionnement des industries de transformation alimentaires avec des lots de qualité sanitaire irréprochable. De nombreux facteurs génétiques, écophysiologiques ou agro-environnementaux agissent sur la contamination par les mycotoxines de Fusarium des céréales en cours de culture. L'origine multidimensionnelle du risque de contamination des céréales par les différentes familles de fusariotoxines rend ce risque très aléatoire et difficile à maîtriser. Un des défis pour la recherche de solutions à la contamination des céréales par les fusariotoxines est de penser cette maîtrise du risque de façon globale et systémique, pour jouer sur tous les leviers possibles, du champ cultivé à l'aliment destiné à l'homme ou aux animaux d'élevage. La gestion de ce risque (de dépassement des limites réglementaires) ne peut découler que d'une connaissance fine des fusariotoxines, depuis leur genèse, jusqu'à l'ingestion des aliments à base de céréales par le consommateur humain ou l'animal. C'est cette approche qui a guidé les travaux du projet de recherches intégrées « Maîtrise du risque de contamination par les mycotoxines de Fusarium des aliments à base de céréales » (RARE fusariotoxines 2003-2007), soutenu par l'ANR, dont le présent colloque constitue l'aboutissement.
La première étape de la gestion du risque de contamination se situe au niveau de la prévention de la biosynthèse des fusariotoxines au champ. Toutefois, avant de construire des stratégies de prévention ou des systèmes de maîtrise de ces risques, il faut savoir les évaluer avec la plus grande précision possible à partir de la connaissance fine des nombreux paramètres qui modulent la production des mycotoxines par le champignon et le niveau d'imprégnation des grains. C'est cette première étape des études sur la genèse de la contamination au champ qui a fait l'objet de recherches approfondies sur réseau de parcelles et en laboratoire et qui compose la première session du colloque. Il y est abordé les différents sujets suivants : i/ l'impact des pratiques culturales ; ii/ les interactions entre les caractères phénotypiques de la plante et de la souche de Fusarium infectante ; iii/ l'écophysiologie du champignon producteur en relation avec le climat, la physiologie de la plante ou le lieu géographique de la culture ; iv/ la connaissance des facteurs de régulation de l'expression des gènes de la voie de biosynthèse des mycotoxines.
Les stratégies préventives pouvant rapidement atteindre leurs limites en année pluvieuse favorable à la fusariose, d'autres solutions de limitation des risques devaient être trouvées pour analyser le devenir des fusariotoxines présentes dans le grain à la récolte au cours du processus de transformation en aliment, et gérer le risque tout au long de chaque filière céréale concernée (blé et blé dur, orge de brasserie et maïs). Les performances des outils nécessaires à cette « traçabilité » des fusariotoxines au cours de la transformation devaient progresser en parallèle, en particulier les méthodes rapides de quantification des teneurs en fusariotoxines dans la matrice grain ou les produits de transformation. De plus, les potentialités des moyens de décontamination étaient à reconsidérer à la lumière des connaissances actuelles (ozonisation, ammoniation, évaluation de la toxicité des substances néo-formées). Ce domaine de recherche a constitué le second champ thématique du projet RARE fusariotoxines, présenté dans la 2ème session du colloque.
Les espèces du genre Fusarium qui se développent sur les céréales sont multiples et elles produisent des mycotoxines de familles chimiques et de toxicité très différentes. De plus, les connaissances des effets toxiques des associations de plusieurs mycotoxines dans le même lot de céréale ou d'aliment étaient encore très limitées au démarrage du projet en 2003. Il y avait un besoin urgent de coupler l'ensemble des recherches sur la prévention et le contrôle des risques en filières céréales avec une étude toxicologique fine des effets toxiques des différentes fusariotoxines en les reliant i/ à la connaissance du mode d'action et aux effets biologiques spécifiques à chaque famille de fusariotoxines (sur culture de cellules cibles sensibles à leur mode d'action) et ii/ à leur profil de métabolisation et de dégradation dans l'organisme animal (études de toxicocinétique et toxicodynamie). C'est le troisième axe de recherche du projet dont les résultats sont présentés dans la 3ème session du colloque.
Enfin, pour préparer les développements pouvant faire suite au projet de recherches intégrées RARE fusariotoxines 2003-2007, il a été rassemblé à l'occasion du colloque un panel d'experts et de chercheurs sur les espèces du genre Fusarium et leurs mycotoxines pour une table ronde de bilan et de prospective.
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